Cité Paul Langevin

 

Programme : Projet urbain
Statut : Recherche prospective
Lieu : Cité Paul Langevin à Dugny (93)
Maîtrise d’œuvre : Gelin Lafon, architectes-urbanistes
Acteurs : Ville de Dugny ; OPH93
Surfaces : 9 Hectares …

Situation

Dugny est une île non pas cernée par les flots mais par des infrastructures larges et infranchissables. Bloquée au Sud par l’autoroute de Nord, à l’Est par l’aéroport du Bourget et à l’Ouest par le Parc de la Courneuve, Dugny est une ville route où l’on rentre par un point et où l’on en sort par un autre, sans autre possibilité de s’échapper.

Jusqu’aujourd’hui cette situation était vécue comme une contrainte, Dugny subissait les réseaux sans y être connectée. L’arrivée de la Gare Dugny-La Courneuve sur la tangentielle Nord à l’horizon 2017 peut changer le statut de Dugny, de ville dortoir à pôle hyper-connecté au cœur du Grand Paris.

Pour pouvoir profiter des opportunités qu’offre la connexion au Grand-Paris, Dugny doit opérer une mutation. Mais, comme toute île, Dugny ne peut s’étendre. Sans pouvoir compter sur un déclassement du parc de la Courneuve et sa constructibilité occasionnelle, il ne reste comme possibilité à la ville que de se reconstruire sur elle-même.

 

 

Il s’est construit en grande hâte entre les années 50 et 70 une grande quantité de logements dans les périphéries de nos grandes villes. A un moment où énergie et main d’œuvre étaient disponible et peu onéreuses. Ces logements répondaient aux besoins de l’après-guerre d’un pays en pleine modernisation, ils apportaient confort et modernité dans une période florissant et optimiste.

Cependant il est aujourd’hui question de cet héritage, de son déclin. Les périphéries qui ont étés rattrapées par l’urbanisation. Il ne reste pas grand-chose de cet optimisme et plus aucune des qualités des ensembles urbains produits en masse.

Prise de position

La construction de la ville sur la ville est l’adage récurent de la formation des villes. La sédimentation des ensembles urbains est liée à la pérennisation de l’espace viaire et à la mutation de l’espace parcellaire. Ce qui diffère lorsque l’on se pose la question des grands ensembles c’est l’inexistence de la hiérarchie viaire/parcellaire.

La trame parcellaire séculaire n’existant pas, sa prise de valeur ou bien sa mutation n’est pas possible. C’est en démolissant et en fabriquant une nouvelle trame urbaine ex-nihilo que la transformation des grands-ensembles a été abordée ces dernières années.

Cependant, nous pensons que la démolition brutale des grands ensembles a été une erreur. L’idée était de construire une autre ville, mais une ville ne se décrète pas. C’est l’accumulation de bâtiments, de vies, d’usages qui fabriquent une sorte de génie du lieu. Repenser ces quartiers ex-nihilo sans prendre en compte le patrimoine, certes dégradé, mais patrimoine quand même est finalement une manière de recommencer les mêmes erreurs en ne conceptualisant la ville qu’à travers une vision fonctionnaliste du logement.

Nous proposons une autre approche propre à répondre à cette question de la sédimentation et à celle de projets écologiquement soutenables. Nous avons fait le choix de conserver les bâtiments existants. Du moins en conserver le gros œuvre comme réserve potentielle d’énergie grise, de considérer ces ruines, non pas comme des bâtiments de logements destinés au rebu, mais comme des géographies, des roches, des contraintes auxquelles tout projet qu’il soit architectural ou urbain doit se frotter. Mais aussi les conserver comme une sorte de patrimoine, à transformer bien-sûr, une sorte de mémoire des vies et usages passés.