Plateau de Saclay

 

Programme Projet urbain
Statut Concours 2007 projet non retenu
Lieu Plateau de Saclay (78)
Maîtrise d’œuvre Matthieu Gelin & David Lafon, architectes urbanistes; Sophie Alexinski, paysagiste; OTHUI, bureau d’étude
Maîtrise d’ouvrage Agence Foncière et Technique de la Région Parisienne

Un paysage

L’isolement lié à une pauvreté des transports publics a permis de conserver sur le Plateau de Saclay des poches d’un paysage de champs en proche banlieue parisienne. S’il est aujourd’hui banalisé et entamé par une logique de mitage du territoire, le plateau semble pourtant riche d’alternatives. L’observation attentionnée de ce lieu et un programme ambitieux livre l’occasion de changer les choses, d’infléchir ce qui paraîtrait figé. Notre projet traduit ces volontés par la prise en considération de l’identité géographique du lieu et par la mise en place de nouvelles limites. Ces limites permettent de donner de la compacité à la ville et de préserver un espace agricole continu sur plateau. Nous considérons dans le projet deux types de limites : celles liées à la géographie avec la vallée de la Bièvre et les vallées de Chevreuse et celles que nous mettons en place dans le cadre du projet. Elles jouent un rôle majeur dans la mise en tension du paysage.

L’aménagement du plateau de Saclay est une ville, mais le spectacle qu’elle propose est d’un autre ordre de grandeur, celui du paysage. Sa beauté ne tient pas à sa nature de ville, mais à la transposition d’un paysage artificiel où les principes d’urbanisme seuls ne jouent plus. Les valeurs significatives devenant le velouté de la lumière, la finesse et la richesse des lointains, les précipités aux pieds des gratte-ciels, et les vallées ombreuses parsemées d’une animation multicolore..

La ville se situe au confluent de la nature et de l’artifice, sur un plateau et au cœur de l’atome. Les principes de développement durable devant êtres un préalable pour toute volonté urbaine contemporaine, la ville dense est la réponse la plus justifiée pour ce qu’elle est économe en déplacement automobile et en emprise d’espace naturel. La densité et la présence d’un maillage économe est pour nous la garantie qu’un espace recevra suffisamment d’activités pour le rendre vivant.

Grands principes

Le projet d’urbanisme du plateau de Saclay doit permettre d’accueillir le nouveau pôle de compétitivité de la région et de tendre des relations entre les différents pôles scientifiques existants au travers d’un nouveau projet d’urbanisme. Il est l’occasion unique de démontrer une capacité à intégrer de façon fondamentale le développement durable et la qualité environnementale à l’échelle d’une ville. Notre projet traduit ces volontés par la prise en considération de l’identité géographique du lieu et par la mise en place de nouvelles limites. Ces limites devront permettre de donner de la compacité à la ville et de préserver un espace agricole continu sur plateau.

 

La Lisières

Le lieu majeur du projet se traduit par un événement unique et marquant : une esplanade piétonne de 9 km de long. Elle vient terminer la ville et s’ouvrir sur la campagne. L’interface est traitée avec une série de programmes mixtes alliant agriculture, horticulture, plaines de jeux, bassins de rétention des eaux pluviales, docks agricoles et marchés.

Ambiance urbaine

Le tissu urbain est constitué d’un maillage orthogonal. Les îlots ainsi composés forment une grille homogène où les bâtiments prennent place librement. La rue reste l’élément central de la composition urbaine. Elle est le support de la ville. Cependant le bâti n’est pas construit strictement à l’alignement. Il joue avec la parcelle, la rue, les percées visuelles, les rapports de densité. Si la rue est stricte et orthonormée, les bâtiments apportent une part de gaîté et de fantaisie à l’espace urbain. Les alignements sont ouverts laissant le regard et les parcours pénétrer les îlots. Habités par des immeubles verticaux, les îlots génèrent de larges espaces centraux qui en contraste avec la rue dense et publique permettent une ouverture de l’intime sur le ciel et ménagent des percées visuelles hors des alignements, à l’échelle de la ville.

Le projet explore un principe de mixité entre logements, bureaux et équipements publics. Nous prenons une position contre le zoning. A l’image d’une ville dense constituée, les espaces de travail sont complètement intégrés aux espaces voués à l’habiter. L’urbain est constitué de tout ce qui s’oppose à une cristallisation des fonctions, son caractère fluctuant, aléatoire et fortuit est la garantie d’une ville vivante. Nous avons fait le choix d’une ville dense. Une ville qui concentre activités, recherche et logements dans une emprise réduite avec un impact écologique le plus faible possible. Une ville dense qui par sa forme cherche à générer un sentiment d’appartenance à un lieu singulier. Si les bâtiments sont hauts le cœficient d’emprise au sol est faible. Il permet de ménager à l’intérieur de la trame urbaine des espaces naturels, publics ou privés nombreux et riches.